Covid-19, enquête sur le retour au collège des adolescents asthmatiques

Covid-19, investigation into the return to the school of teenagers with asthma

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Retour au collège

Pas de raison de dispenser les adolescents asthmatiques

La Gregory Pariente Foundation (GPFD) s’est associée à deux spécialistes le Dr. David Drummond, pneumo- pédiatre (Service de pneumologie et d'allergologie pédiatrique, Hôpital universitaire Necker - Enfants Malades - Paris) et le Dr. Carine Favre-Metz pneumo-allergologue (Service de pneumologie et allergologie - nouvel Hôpital Civil de Strasbourg et Service de pédiatrie au CHR de Haguenau) afin d’évaluer le retentissement de la crise de la Covid-19 sur les patients adolescents asthmatiques.
Les spécialistes investis en pneumo-pédiatrie ont proposé à leurs jeunes patients (10-15 ans), vus en consultation depuis le dé-confinement, un questionnaire (ci-joint) dont les réponses ont été éclairées par leur expérience médicale personnelle ainsi que des données scientifiques actualisées sur asthme, allergie et Covid-19. A ce jour, 18 adolescents ont rempli le questionnaire. Ce nombre encore limité s’explique par les contraintes sanitaires imposant de réduire le nombre de jeunes patients vus au cours d’une consultation, mais il est ainsi possible de prendre le pouls d’une population particulièrement sensible par rapport à la pandémie Covid-19.

1. L’impact général du confinement

Même s’ils sont nombreux à l’avoir trouvé "ennuyeux", la plupart se sont bien accommodés du confinement malgré l’absence des copains pour certains... La moitié a été totalement confinée en famille ; le reste ayant au moins un parent au travail à l’extérieur. Cinq adolescents sur les 18 étaient confinés avec un fumeur à domicile. Les mesures barrières sont manifestement bien intégrées et appliquées, sans doute à l’initiative des parents.

2. L’impact du confinement sur l’asthme

L’asthme est resté contrôlé chez la majorité des adolescents interrogés (15/18). Aucune complication n’a été signalée (pas de recours au médecin, aux corticoïdes oraux ni au traitement de secours).
Pour les neuf adolescents prenant quotidiennement un traitement de fond, six l’ont poursuivi tous les jours, deux plusieurs fois par semaine et un l’a arrêté. A noter que les 2/3 de ceux qui ont maintenu leur traitement de fond au quotidien se sont sentis protégés du coronavirus par leur traitement.

3. Les allergies

Le confinement, même avec des animaux au domicile, n’a pas posé de problème dans la plupart des cas.
Dix adolescents étaient confinés avec un animal domestique. Pour les adolescents allergiques aux pollens (12/18), la gêne ressentie n’était pas comparable à celle de l’année précédente.

4. Le degré de motivation à reprendre les cours

3/4 se sont déclarés favorables à la reprise des cours.
Ils ont hâte de retrouver "leurs potes", mais aussi de retrouver le collège. Ils se sentent également protégés par leur traitement et les gestes barrières. Le quart restant trouve inutile de prendre des risques pour un mois alors qu’ils continueraient bien l’école à la maison... même après la pandémie.

5. Le degré d’acceptation des mesures barrières, notamment le port du masque

Les mesures barrière font l’unanimité, mais sans le port du masque pour la moitié d’entre eux.

Ils ont cependant tous apprécié que leur soit remis à l’issue de la consultation un masque fabriqué à leur intention par la Gregory Pariente Foundation. Conçus spécialement pour les adolescents, ils ont été fabriqués à la demande du Dr. Favre-Metz qui craignait, dans une période particulièrement critique de pénurie, à l’heure où on ne trouvait quasiment que des masques "maison", que les garçons, à la différence des filles, ne rechignent à en porter. Elle a donc souhaité disposer de masques en tissu originaux, adaptés aux adolescents, pour que ces jeunes, principalement les garçons, acceptent de se protéger contre le virus. Certains se sont même prêtés de bonne grâce aux selfies.

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Back to school

No reason to exempt teenagers with asthma

The Gregory Pariente Foundation (GPFD) has teamed up with two specialists, Dr. David Drummond, pneumopediatrician (Department of Pediatric Pneumology and Allergy, Necker University Hospital – Children’s Hospital - Paris) and Dr. Carine Favre-Metz, a specialist in pediatric pneumology and allergology at the Necker University Hospital - Children’s Hospital - Paris. Carine Favre-Metz, pneumo-allergologist (Department of pneumology and allergology - new Strasbourg Civil Hospital and Paediatrics Department at the Haguenau Hospital) to assess the impact of the Covid-19 crisis on adolescent asthmatic patients. The specialists involved in pneumo-paediatrics proposed to their young patients (10-15 years old), seen in consultation since the end of the Lockdown, a questionnaire (see attached) whose answers were shared through their personal medical experience as well as updated scientific data on asthma, allergies and Covid-19. To date, 18 adolescents have completed the questionnaire. This rather limited number is explained by the health constraints of reducing the number of young patients seen during a consultation, but it is thus possible to have an indication of a population that is particularly sensitive to the Covid-19 pandemic.

1. The overall impact of containment

Even if many in this age group found it "boring", most of them have adapted well to the Lockdown despite the absence of friends for some of them... Half were totally confined to their families; the rest had at least one parent working outside the home. Five of the eighteen adolescents were confined with a smoker in thier home. Barrier measures were clearly well adapted and applied, probably at the initiative of parents.

2. The impact of confinement on asthma

Asthma remained in check in the majority of adolescents surveyed (15-18 year olds). No complications were reported (no need to consult a physician, to take oral corticosteroids or an urgent treatment). Of the nine adolescents taking daily treatment, six continued taking them every day, two several times a week and one discontinued it. It should be noted that 2/3 of those who maintained their daily treatment felt protected from the coronavirus by their medication.

3. Allergies

Being confined, even with animals in the home, was not a problem in most cases. Ten teenagers were confined with pets. For those adolescents in the 12-18 age group allergic to pollen, the discomfort felt was less than that of the previous year.

4. The level of motivation to return to school

They can't wait to see "their buddies" again, and also to get back to school. They also feel protected by their treatment and barrier gestures. The remaining quarter find it useless to take risks for a month when they could continue school at home... even after the pandemic.

5. The level of acceptance of barrier measures, most notably the wearing of masks

There is unanimous agreement on the need for barrier measures, but without the wearing of masks for half of them.

However, they all appreciated the fact that at the end of the consultation they were given a mask made for them by the Gregory Pariente Foundation. The masks were specially designed for teenagers and were made at the request of Dr. Favre-Metz, who feared that in a particularly critical period of shortage, when there were almost only "home-made" masks available, boys, unlike girls, would be reluctant to wear them. She therefore wished to have special cloth masks, adapted for teenagers, so that these young people, mainly boys, would accept to protect themselves against the virus. Some even willingly lent themselves to selfies.

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Pour mieux repartir dans une vie normale

Un adolescent asthmatique bien équilibré par son traitement de fond peut et doit vivre normalement

Sur la base de l’ensemble des données scientifiques disponibles fin juin 2020 et de leur expérience médicale personnelle – exercice en zones particulièrement touchées (Région parisienne et Grand Est) - les deux spécialistes s’accordent pour considérer que, à ce jour, pour les adolescents asthmatiques :

  • La jeunesse apparait comme le meilleur bouclier face au Coronavirus
  • Les formes sévères restent exceptionnelles chez l’enfant et l’adolescent. Il est encore difficile sur des effectifs aussi restreints de considérer avec certitude que l’asthme n'est pas un facteur de risque de forme sévère de COVID-19, alors même que ce risque n’est pas totalement écarté chez l'adulte.

1. Asthme et coronavirus: ne pas confondre!

Une infection au nouveau coronavirus peut potentiellement être suspectée si les symptômes ressentis sont différents de ceux habituellement ressentis lors d’un déséquilibre de l’asthme ou d’une crise - toux, essoufflement, sifflements, et oppression thoracique. Tout symptôme respiratoire n’est pas forcément une infection à coronavirus, la saison pollinique actuelle étant propice chez les patients allergiques au développement de rhinite, conjonctivite et asthme. En tout état de cause, lors d'un épisode de rhinite et/ou de conjonctivite allergiques ou d’une crise d'asthme, si les symptômes sont différents de ceux habituellement ressentis, en cas de fatigue, de fièvre, et plus encore s’il existe une perte de l’odorat et/ou du goût, Il faut une prise en charge par le médecin traitant qui, le cas échéant, prescrira un test de dépistage.

2. Un effet protecteur du traitement de fond?

La prudence reste de mise. Même si un nombre non négligeable d’adolescents disent se sentir protégés par leur traitement de fond pris tous les jours, ce que confirme notre enquête et les témoignages de plusieurs pneumologues ayant suivi des adolescents pendant cette période, notamment en téléconsultation, cette hypothèse n’est fondée à ce jour que sur des données in vitro et n’est pas étayée par des données cliniques publiées chez l’Homme. Nos deux spécialistes restent réservés et préfèrent dire :
"Le traitement de fond reste l'allié des adolescents asthmatiques, y compris en période de Covid-19".
Les corticoïdes inhalés ne favorisent certes pas des formes sévères, mais l’arrêt du traitement de fond expose toujours au risque de survenue d’une perte du contrôle de l’asthme qui peut malheureusement conduire à une crise d'asthme sévère, avec un décès d’adolescent toutes les 3 à 4 semaines en France.

3. Asthme et allergies

Un cumul très fréquent chez les adolescents.

  • Pour les allergiques aux acariens, moisissures et allergènes d’animaux domestiques, le fait de rester en permanence confinés à l'intérieur a pu exacerber leurs symptômes respiratoires. Il leur a donc été plus particulièrement conseillé d'aérer quotidiennement, matin et soir, indépendamment de la météo.
"Nous leur avons recommandé d’associer au traitement antihistaminique une bithérapie inhalée pour éviter toute gêne car tous les facteurs étaient réunis pour que l’asthme s’aggrave en période de confinement. Nous avons même préféré augmenter les doses recommandées pour être sûrs de protéger ces patients dans le contexte de cette surexposition de leurs bronches aux allergènes". Pr. Frédéric de Blay (chef de Service de pneumologie et allergologie - nouvel Hôpital Civil de Strasbourg).
  • Il faut rester vigilants même si, cette année, la concentration en grains de pollens de graminées relevée dans l’air est moindre par rapport aux années antérieurs, sachant, par ailleurs, que l’allergie aux pollens de graminées est souvent moins associée à des exacerbations sévères d’asthme que les pollens de bétulacées. Nos deux spécialistes insistent particulièrement sur la nécessité de contrôler les symptômes d’allergie en cette période d’incertitudes :
"Aérer le domicile, matin et soir, afin de renouveler l'air ambiant ; éviter l’exposition au tabac, facteur majeur de risque de fragilisation des bronches ; bien prendre l’ensemble des traitements prescrits".

4. Le confinement peut finir par être mauvais pour la santé

Le confinement a pu engendrer ou conforter de mauvaises habitudes d’autant plus délétères en cas de maladie asthmatique, surtout à l’adolescence, un âge particulièrement sensible sur le plan physiologique et psychologique.
"Retrouver une bonne hygiène de vie au plus vite".
Le confinement a été associé avec un manque d’activité physique chez les adolescent(e)s asthmatiques, avec ses conséquences physiques (prise de poids, déconditionnement à l’effort), et psychologiques (anxiété, sentiment de solitude). Cela a pu également se traduire comme relevé dans les questionnaires par une plus grande exposition à la fumée de tabac.

5. Le retour en classe n’est pas plus problématique pour les ados asthmatiques

Le retour en milieu scolaire est le moyen de se repérer et de prévenir des troubles physiques ou psychiques liés au confinement. Les adolescents ont besoin d’interactions sociales pour se développer.
"Il y a beaucoup plus de bénéfices que de risques à la reprise de la collectivité". (Société française de pédiatrie)

  • Le décrochage scolaire peut être plus stigmatisant à terme
  • L’absence peut être un facteur d’exclusion par rapport aux camarades de classe
  • Le maintien dans la fausse sécurité de l’école à la maison peut encourager à terme une phobie

Priorité aux gestes barrière...

Le retour en collectivité doit être organisé en mettant en avant gestes barrières et précautions d’usage. Outre les mesures d'hygiène et de distanciation sociale, le port du masque est essentiel pour éviter de disperser les postillons, au moins pendant les interclasses et les transports scolaires.
"L'apprentissage de ces gestes sera aussi très utile pour prévenir la transmission des futurs virus hivernaux comme ceux de la grippe, de la bronchiolite ou de la gastro entérite". (Société française de pédiatrie)
Comme les autres... Les adolescents, asthmatiques ou non, ont très peu de risque de contracter une infection CoVid-19 s’ils respectent les gestes barrières. S’ils contractent cette infection, le risque d’une forme sévère est là encore très rare, et ce, qu’ils soient asthmatiques ou non. Le principal risque qui distingue les adolescents asthmatiques des autres est celui de faire une crise d’asthme grave. Mais, ce risque n’est pas lié à la pandémie CoVid-19 : il existait avant, a continué pendant, et continuera après la pandémie CoVid-19. Il rappelle l’importance de la prise du traitement de fond chez les adolescents qui reste la meilleure protection contre ces crises d’asthme graves.

"Un adolescent asthmatique peut et doit vivre normalement, à condition de suivre son traitement de fond"

Getting back to a normal life

A well-balanced adolescent with asthma can and should live a normal life.

On the basis of all the scientific data available at the end of June 2020 and their personal medical experience - practising in particularly affected areas (Paris region and Eastern France) - the two specialists agree that, to date, for adolescents with asthma :

  • Youth appears to be the best shield against Coronavirus
  • Severe forms remain exceptional in children and adolescents. It is still difficult in such small numbers to consider with certainty that asthma is not a risk factor for severe forms of COVID-19, even though this risk is not totally ruled out in adults.

1. Asthma and coronavirus: not to be confused!

An infection with the new coronavirus can potentially be suspected if the symptoms experienced are different from those usually felt during an asthma imbalance or attack - coughing, shortness of breath, wheezing, and chest tightness. Not every respiratory symptom is a coronavirus infection, as the current pollen season is a good time for allergic patients to develop rhinitis, conjunctivitis, and asthma. In any case, during an episode of allergic rhinitis and/or conjunctivitis or an asthma attack, if the symptoms are different from those usually felt, in case of fatigue, fever, and even more so if there is a loss of smell and/or taste, the patient should be treated by the attending physician who, if necessary, will prescribe a screening test.

2. The Basic treatment creates a preventive effect?

Caution is still called for. Even if a significant number of adolescents say they feel protected by their daily medication, which is confirmed by our survey and the testimonies of several pulmonologists who have followed adolescents during this period, particularly by tele-consultation, this hypothesis is based to date only on lab data and is not supported by published clinical data in humans. Our two specialists remain cautious and prefer to say :
"In-depth therapy remains the ally of adolescents with asthma, even during the Covid-19 period".
Inhaled corticosteroids certainly do not favour severe cases, but discontinuation of the basic treatment always exposes the patient to the risk of loss of asthma control, which can unfortunately lead to a severe asthma attack, with an adolescent dying every 3 to 4 weeks in France.

3. Asthma and allergies

A combination frequently found in teenagers.

  • For those allergic to dust mites, moulds and pet allergens, being permanently confined indoors may have exacerbated their respiratory symptoms. They were therefore particularly advised to aerate their rooms daily, morning and evening, regardless of the weather.
“We recommended that they combine the antihistamine treatment with an inhaled dual therapy to avoid any discomfort, as all the factors were present for asthma to worsen during the Lockdown. We even preferred to increase the recommended doses to be sure to protect these patients in the context of this overexposure of their bronchial tubes to allergens”. Pr. Frédéric de Blay (Head of Pneumology and Allergy Department - new Civil Hospital of Strasbourg).
  • We must remain vigilant even if this year the concentration of grass pollen grains in the air is lower than in previous years. Bearing in mind, moreover, that grass pollen allergy is often less associated with severe asthma exacerbations than concrete pollen. Our two specialists particularly insist on the need to control allergy symptoms in these uncertain times :
“Aerate the home, morning and evening, in order to renew the ambient air; avoid exposure to tobacco, a major risk factor for bronchial fragility; take all the prescribed treatments properly”..

4. Lockdown can end up being bad for your health

Living through a Lockdown may have created or reinforced bad habits that are all the more harmful in the case of asthma, especially in adolescence, an age that is particularly sensitive from a physiological and psychological point of view.
“Get back to a healthy lifestyle as soon as possible”.
Being in a Lockdown has been associated with a lack of physical activity in asthmatic adolescents, with its physical (weight gain, reduced motivation to exercise) and psychological (anxiety, feelings of loneliness) consequences. This may also have been reflected in increased exposure to tobacco smoke, as noted in the questionnaires.

5. Returning to school is no more problematic for adolescents with asthma than it is for those without

Returning to school is a way to find your way around and prevent physical or mental disorders related to being in a Lockdown. Adolescents need social interaction to develop.
"There are many more benefits than risks to returning to the community". (French Pediatric Society)

  • Dropping out of school can be more traumatic in the long run
  • Absence may be a factor of exclusion from classmates
  • Maintaining the false security of school at home can encourage a phobia over time

An emphasis on barrier measures...

The return to the community must be organized by emphasizing barrier gestures and remaining cautious. In addition to hygiene and social distancing measures, the wearing of a mask is essential to avoid scattering spittle, at least during class breaks and school transport.
"Learning these gestures will also be very useful in preventing the transmission of future winter viruses such as influenza, bronchiolitis or gastroenteritis". (French Paediatric Society). Like everyone else... Adolescents, whether asthmatic or not, have very little risk of contracting a CoVid-19 infection if they respect the barrier gestures. If they contract this infection, the risk of a severe form is again very rare, whether they are asthmatic or not. The main risk that distinguishes adolescents with asthma from others is that of having a severe asthma attack. However, this risk is not related to the CoVid-19 pandemic: it existed before, continued during, and will persist after the CoVid-19 pandemic. It is a reminder of the importance of taking the disease-modifying therapy in adolescents, which remains the best protection against these severe asthma attacks.

“A teenager with asthma can and should live a normal life, as long as he follows his basic treatment.”

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