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• Déconfinement: Peut-on renvoyer à l’école les enfants et adolescents asthmatiques?

Le Pr Gilles Garcia, pneumologue à l’hôpital privé d’Antony, répond aux questions de la Gregory Pariente foundation (GPFD)

GPFD: Mon enfant est asthmatique, est-ce risqué de le laisser retourner à l’école?

Pr. Gilles Garcia: On ne peut pas généraliser ; chaque enfant ou ado- lescent est un cas particulier qui demande une réponse individuelle. L’asthme est-il équilibré ou difficile à contrôler ? L’enfant est-il ou non vecteur de la maladie ? La crainte est-elle exprimée par l’enfant, par les parents ou les deux ?

Ce que nous pouvons dire à ce jour, en fonction des données dont nous disposons :

• L’asthme n’est pas un facteur de risque spécifique d’infection par le Covid-19, même en cas de forme sévère, à condition que la maladie soit contrôlée, notamment par la prise régulière d’un traitement de fond à base de corticoïdes inhalés.

• L’allergie n’est pas non plus un facteur de risque, même si les bronches des asthmatiques sont plus irritables du fait du confinement qui sura- joute aux traditionnels pollens et acariens de saison une exposition do- mestique aux allergènes et autres facteurs irritants. Mais, on peut être allergique aux acariens, aux chats ou aux pollens sans courir plus de risques de développer une forme plus sévère du nouveau coronavirus... à condition, encore une fois, de suivre scrupuleusement son traitement habituel contre les allergies.

• Les enfants semblent moins touchés par la maladie : les tests virolo- giques par prélèvement naso-pharyngé sont plus souvent négatifs chez les enfants qu’en population générale

Ces données sont plutôt rassurantes. Pour autant, il est impossible, en l’état actuel de nos connaissances et sachant que celles-ci évoluent de jour en jour, d’évaluer avec certitude le risque de transmission de la ma- ladie de l’enfant ou de l’adolescent au reste de sa famille et d’en mesurer les conséquences.

GPFD: doit-on dispenser les enfants et adolescents asthmatiques, a priori plus fragiles, de retourner en classe?

Pr. Gilles Garcia: Un enfant asthmatique est un sujet fragile. C’est évident. Mais, pas d’amalgame ! Il y a autant d’asthmes que d’enfants asthmatiques. Je ne vois pas pourquoi on empêcherait un asthmatique sportif bien contrôlé ou un asthmatique léger à modéré également bien contrôlé de reprendre comme ses camarades le chemin de l’école s’il en exprime le souhait.

GPFD: Je sens que mon enfant craint de retourner à l’école à cause de son asthme, que dois-je faire?

Pr. Gilles Garcia: Il faut discuter avec lui, l’écouter. Tousse-t-il ou non, ou craint-il de tousser en classe ? le problème vient-il de son asthme ? Si tel est le cas, il faut absolument qu’il consulte son médecin ou son pneumologue, éventuellement par téléconsultation. Il peut s’agir d’une simple appréhension, au demeurant tout à fait légitime. Le médecin devrait pouvoir le rassurer en lui expliquant qu’il n’est pas plus à risque qu’un autre à la condition qu’il prenne régulièrement et correctement son traitement.

Personnellement, je peux même ajouter qu’il semble, au vu des données préliminaires dont nous disposons, que le traitement recommandé com- binant les corticoïdes inhalés et un bronchodilatateur de longue durée d’action auraient sur les bronches un effet protecteur anti-inflammatoire vis-à-vis de l’infection à Covid-19. Une recherche clinique est en cours actuellement pour valider cette hypothèse expérimentale. Raison de plus pour que ce traitement, loin de faire peur, conforte nos adolescents asthmatiques dans la nécessité de suivre leur traitement à la lettre ... pour être même plus résistants face au Covid-19 !
Inutile, toutefois, de faire le forcing. Bien que la scolarisation des enfants et des adolescents asthmatiques soit pour moi essentielle, à circonstance exceptionnelle mesure exceptionnelle : vu ce qui reste de l’année scolaire, je n’insisterai pas pour renvoyer à l’école un enfant qui pourrait se sentir stigmatisé parce qu’il tousse.

GPFD: En cas de reprise de l’école, que recommanderiez-vous aux jeunes asthmatiques?

Pr Gilles Garcia : un, priorité aux gestes barrières ; deux, priorité aux gestes barrières ; trois, encore et toujours, priorité aux gestes barrières et ne jamais oublier de bien prendre son traitement. En comptant sur l’effort collectif pour assurer leur application, tout particulièrement la distanciation sociale, les gels hydroalcooliques et le port d’un masque pour tous.

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• End of the isolation period: Can children and adolescents with asthma be sent back to school?

Professor Gilles Garcia, pulmonologist at Antony's private hospital, answers questions from the Gregory Pariente foundation (GPFD)

GPFD: My child has asthma, is it risky to let him go back to school?

Pr. Gilles Garcia: We cannot generalize as each child or adolescent is a special case that requires an individual response. Is their asthma stable or difficult to control? Is a child known to propagate the disease or not? Is this a fear shared by the child, by the parents or both?
Here is what we can say up to now, based on the data we have:

• Asthma is not a specific risk factor for Covid-19 infections, even in severe cases, provided that the disease is controlled, in particular by taking regular, basic therapy of inhaled corticosteroids.

• Allergy is also not a risk factor, even if the bronchial tubes of asthmatics are more irritable due to the confinement, which adds to the exposure to allergens and other irritating factors caused by the traditional pollen and mites in season. However, one can be allergic to dust mites, cats or pollens without running more risk of developing a more severe form of the new coronavirus ... provided, once again, that one scrupulously follows his usual treatment against allergies.

• Children seem less affected by the disease: virological tests by nasopharyngeal swab are more often negative in children than in the general population.

This data is rather reassuring. However, it is impossible in the current state of our knowledge of the disease, and knowing that it evolves daily, to assess with certainty the risk of transmission of the disease from children or adolescents to the rest family and to measure the consequences.

GPFD: should children and adolescents with asthma, who are usually more fragile, be exempted from going back to class?

Pr. Gilles Garcia: An asthmatic child is a fragile subject. This goes without saying. But we shouldn’t simply generalize the matter! There are as many asthma problems as there are children with asthma. I do not see why we should prevent a well-controlled asthmatic who does sports or a light to moderate asthma sufferer who is also well controlled from going back to school like his fellow schoolmates if he wishes.

GPFD: I feel that my child is afraid of going back to school because of his asthma, what should I do?

Pr. Gilles Garcia: You have to talk to him, listen to him. Does he cough or not, or is he afraid of coughing in class? Does the problem come from his asthma? If this is the case, it is essential that he consult his doctor or pulmonologist, possibly by teleconsultation. It can be a simple apprehension, which is completely understandable. The doctor should be able to reassure him by explaining that he is no more at risk than anyone else provided that he takes his treatment regularly and correctly.

Personally, I can even add that it seems, from the preliminary data we have, that the recommended treatment combining inhaled corticosteroids and a long-acting bronchodilator would have an anti-inflammatory protective effect on the bronchi with regards to an Covid-19 infection. Clinical research is currently underway to validate this experimental hypothesis. All the more reason that this treatment, far from frightening, comforts our asthmatic adolescents in the need to follow their treatment to the letter... to be even more resistant to Covid-19!
One should avoid forcing the child to go back to school. Although schooling of asthmatic children and adolescents is essential in my opinion, in exceptional circumstances there are exceptional measures: given what’s left of the school year, I would not insist on sending a child back to school who might feel stigmatized because he is coughing in class.

GPFD: If you go back to school, what would you recommend to young asthmatics?

Pr Gilles Garcia : First, priority should be given to taking protective steps; second, priority to taking protective steps; third, again and again, give priority to taking protective steps and never forget to take a proper treatment. By relying on our collective efforts to ensure their application, particularly maintaining social distancing, using hydroalcoholic gels and having everyone wear a mask.

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• Coronavirus et asthme : le vrai du faux

Par le Dr. Marie-Pascale Schuller, pneumologue, et le Dr. Françoise Pariente Ichou, médecin microbiologiste et responsable scientifique de la Gregory Pariente Foundation (GPFD), qui alertent et font un point au 5 avril 2020.

1. Les patients asthmatiques sont-ils plus à risque de mortalité par rapport à la population générale?
NON

Les études publiées, chinoises essentiellement, sont formelles : contraire- ment aux informations en circulation, on ne constate pas de surmortalité chez les asthmatiques par rapport à la population générale. https://bit.ly/34hjVkB

2. L’asthme léger à modéré est-il un facteur de risque d’une forme grave de la maladie?
NON

L’asthme et les allergies ne sont pas un facteur de risque spécifique dans l’infection à Coronavirus selon les résultats d’une étude clinique réalisée à Wuhan (Chine) sur 140 patients atteints par la maladie. https://bit.ly/2UCc4eq

Concernant les adolescents, l’étude récente chinoise Wu et McGoogan publiée dans le JAMA le 24 février rapporte que parmi les 44672 cas CO- VID confirmés, il n’y avait qu’1% d'adolescents de 10 à 19 ans. Aucun décès signalé.

Le Haut Conseil de Santé Publique place dans sa liste les personnes pré- sentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale... Ce qui ne concerne que "les asthmes chroniques sévères", précise la Direction Générale de la Santé. https://bit.ly/34cJP9r

Dans un communiqué, la Fédération française d’allergologie invite tous les asthmatiques à poursuivre la prise de leur traitement par corticoïdes inhalés. En effet, il n’a jamais été démontré que la prise de corticoïdes inhalés était un facteur de risque de COVID sévère. Il est indispensable pour les patients asthmatiques de continuer à se traiter pour que leur maladie soit contrôlée.

La Fédération française d’allergologie souhaite également rassurer les asthmatiques sur le fait que l’asthme n’est pas un facteur de risque de développer des formes plus sévères de COVID-19 les conduisant en réanimation, si l’asthme est bien contrôlé notamment par les corticoïdes inhalés.

Par ailleurs, en cas de survenue de problèmes respiratoires chez les per- sonnes qui se savent allergiques, la Fédération française d’allergologie appelle les patients à bien évaluer la nature des symptômes ressentis et à ne penser au COVID-19 que si ces derniers sont différents de ceux habituellement ressentis.

En effet, les mois de mars et avril sont propices au développement de rhinite, conjonctivite et asthme chez les patients allergiques en raison de l’arrivée des pollens d’arbres au nord et au sud de la France. Provoquant toux et sifflement, ces symptômes peuvent être confondus avec ceux du COVID-19. https://bit.ly/2RgFZql

La position de la SPLF est plus nuancée : "Dans l’épidémie actuelle de COVID-19, les asthmatiques ne semblent pas surreprésentés, d’après les données préliminaires dont on dispose. Néanmoins, il n’existe pas de donnée spécifique concernant les exacerbations d’asthme et a fortiori les exacerbations graves, en relation directe avec cette infection. D’un point de vue théorique, il n’est pas exclu que l’infection par COVID-19 puisse être responsable d’une exacerbation d’asthme". https://bit.ly/2whRMxv

Sur la base des données disponibles, nous considérons que les données sont rassurantes et que l’asthme léger à modéré bien contrôlé n’est pas un facteur de risque d’une forme grave de Covid-19. Celles-ci devront être confirmées par les données européennes en cours avec une analyse fine des critères de la maladie asthmatique telle que nous avons l’habitude de la considérer.

Nos recommandations à tous les asthmatiques et notamment les adolescents sont:
Il faut a tout prix eviter une crise d’asthme severe

La saison pollinique arrive, les acariens prolifèrent avec l'humidité du printemps, le confinement dans les maisons augmente l’exposition aux allergènes et aux irritants, les bronches des asthmatiques sont plus irri- tables que jamais. Néanmoins, pas de panique, ce n’est pas parce que vous êtes allergique aux acariens, aux chats ou aux pollens que vous risquez davantage de développer une forme plus sévère du nouveau coronavirus. Les patients allergiques doivent poursuivre leur traitement habituel pour leurs allergies.

N’ATTENDEZ PAS LA CRISE POUR AGIR !

• Prenez d’emblée et régulièrement votre traitement de fond (associa- tion fixe d’un corticoïde inhalé et d’un bronchodilatateur d’action pro- longé) sans craindre le recours aux corticoïdes inhalés.

• En cas d’interruption, reprenez votre traitement de fond pour protéger vos bronches de tout ce qui pourrait déclencher une crise.

CONSULTEZ votre médecin traitant ou votre pneumologue.

S’ils ne sont pas disponibles, n’hésitez pas à utiliser la téléconsultation. Elle vous garantit une consultation avisée pour le traitement dont vous avez besoin et elle est prise à charge à 100% depuis le 19 mars dernier.

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• Coronavirus and asthma: truth versus myths

By Dr. Marie-Pascale Schuller, pulmonologist, and Dr. Françoise Pariente Ichou, doctor in microbiology and scientific manager of the Gregory Pariente Foundation (GPFD), have the following information to share as of April 5th, 2020.

1. Are asthmatic patients more at risk of mortality due to the Codid-19 virus compared to the general population?
No, they aren’t

Published studies, mainly coming from China, are formal: unlike the information that’s been circulating, there isn’t an increased mortality rate among asthmatics compared to the general population. https://bit.ly/34hjVkB

2. Is mild to moderate asthma a risk factor for a severe form of the disease?
No, they aren’t

Asthma and allergies are not a specific risk factor in Coronavirus infections according to the results of a clinical study carried out in Wuhan (China) on 140 patients suffering from the disease. https://bit.ly/2UCc4eq

Regarding adolescents, the recent Chinese study Wu and McGoogan published in JAMA on February 24 reports that among the 44,672 confirmed COVID cases, only 1% were adolescents aged 10 between 19. With no deaths amongst them being reported.

The High Council of Public Health places on its list people with a chronic respiratory pathology that are likely to more adversely be affected during a viral infection ... This would mean it only concerns persons with "severe chronic asthma", the General Direction of Health stated more specifically. https://bit.ly/34cJP9r

In a press release, the French Federation of Allergology invites all asthmatics to continue taking their treatment with inhaled corticosteroids. Indeed, taking inhaled corticosteroids has never been shown to be a risk factor for severe COVID-19. It is essential for asthmatic patients to continue to treat themselves so that their disease is controlled.

The French Federation of Allergology also wishes to reassure asthmatics that asthma is not a risk factor for developing more severe forms of COVID-19 such as the need for a ventilator or to be placed in reanimation, if asthma is well controlled, in particular by taking inhaled corticosteroids.

In addition, in the event of respiratory problems occurring in people who know they are allergic, the French Federation of Allergology calls on patients to properly assess the nature of the symptoms experienced and to consider these to be related to COVID-19 only if these are different from those usually felt.

Indeed, the months of March and April are conducive to the development of rhinitis, conjunctivitis and asthma in allergic patients due to the arrival of tree pollen in the north and south of France. The resulting coughing and wheezing symptoms can be confused with those of COVID-19. https://bit.ly/2RgFZql

The position of the SPLF is more nuanced: "In the current epidemic of COVID-19, asthmatics do not seem to be overrepresented, according to the preliminary data available. However, there is no specific data concerning an increased severity of asthma, and more so with regards to serious exacerbations in direct relation with this infection. From a theoretical point of view, it is not excluded that a COVID-19 infection could be responsible for an exacerbation of asthma ". https://bit.ly/2whRMxv

Based on the available data, we consider the data to be reassuring and that mild to moderately well-controlled asthma is not a risk factor for a severe form of Covid-19. These will have to be confirmed by current European data with a detailed analysis of the criteria for asthmatic diseases as we are used to considering it.

Our recommendations to all asthmatics, and in particular adolescents are:
You must avoid a severe asthma attack at all costs:

La saison pollinique arrive, les acariens prolifèrent avec l'humidité du printemps, le confinement dans les maisons augmente l’exposition aux allergènes et aux irritants, les bronches des asthmatiques sont plus irri- tables que jamais. Néanmoins, pas de panique, ce n’est pas parce que vous êtes allergique aux acariens, aux chats ou aux pollens que vous risquez davantage de développer une forme plus sévère du nouveau coronavirus. Les patients allergiques doivent poursuivre leur traitement habituel pour leurs allergies.

N’ATTENDEZ PAS LA CRISE POUR AGIR !

• Prenez d’emblée et régulièrement votre traitement de fond (associa- tion fixe d’un corticoïde inhalé et d’un bronchodilatateur d’action pro- longé) sans craindre le recours aux corticoïdes inhalés.

• En cas d’interruption, reprenez votre traitement de fond pour protéger vos bronches de tout ce qui pourrait déclencher une crise.

CONSULTEZ votre médecin traitant ou votre pneumologue.

S’ils ne sont pas disponibles, n’hésitez pas à utiliser la téléconsultation. Elle vous garantit une consultation avisée pour le traitement dont vous avez besoin et elle est prise à charge à 100% depuis le 19 mars dernier.

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• Asthme : Idées Reçues

et cas particumier des adolescents
Texte rédigé par les Dr Marie-Pascale Schuller
et Françoise Pariente Ichou
L’asthme est une maladie anodine
FAUX

L’asthme est une maladie trompeuse qui peut s’annoncer par de multiples signes et qui continue de tuer entre 900 et 1000 personnes par an en France tous âges confondus. Toutes les 2 semaines, c’est un(e) adolescent(e) qui disparaît dans notre pays.

Il ne faut jamais négliger l’un des signes évocateurs et surtout l’association d’un ou plusieurs d’entre eux :
- essoufflement anormal au repos ou à l’effort (difficulté à respirer)
- sifflement dans la poitrine (surtout à l’expiration)
- oppression thoracique
- toux persistante, toux à l’arrêt de l’effort ou au rire

L’asthme est sous diagnostiqué
VRAI / FAUX

En effet, l’asthme est sous diagnostiqué mais peut être diagnostiqué par excès. Il faut donc bien connaître les signes évocateurs que nous venons de citer ci-dessus. L’un de ces signes, seul ou associé, doit amener à consulter un médecin qui posera, ou non, le diagnostic d’asthme. Idéalement c’est un(e) pneumologue qui confirme le diagnostic, recherche les causes, met en place le traitement et assure le suivi. La difficulté des patients, quel que soit l’âge, à consulter leur médecin explique les sous-diagnostics.

Parfois le diagnostic d’asthme est porté par excès, lors d’un syndrome d’hyperventilation. Celui-ci peut mimer une crise d’asthme et être traité comme tel, sans effet des médicaments. Il se manifeste par une respiration très rapide (hyperventilation) et est associé à d’autres symptômes dans le corps (battements de cœur très rapides, malaise, «tête qui tourne», fourmillements dans les doigts et autour de la bouche…). Dans le langage courant, on appelle parfois cela spasmophilie, crise de tétanie ou crise d’angoisse. Le plus souvent, il n’y a pas de toux associée. Le syndrome d’hyperventilation est plus fréquent chez les asthmatiques et chez les filles. Il peut être déclenché par le sport, le stress ou parfois sans raison clairement identifiée.

L’asthme est une maladie que l’on jugule avec un spray de Ventoline® (bronchodilatateur)
VRAI / FAUX

La Ventoline® est un des traitements de la crise d’asthme. C’est le plus connu mais il existe de nombreux autres dispositifs contenant des bronchodilatateurs. Cependant, quand les crises se répètent plus de 2 fois par semaine, un traitement supplémentaire à base de corticoïde inhalé devient nécessaire. C’est le traitement de fond. Les doses sont infimes car administrées directement sur la zone malade. Il y a donc très peu d’effets secondaires, pas de prise de poids, pas de nécessité d’un régime diététique. L’objectif du pneumologue est de rechercher le traitement minimal efficace. On parle de stratégies de «step-down» (diminution des doses quand tout va bien) et «step-up» (augmentation des doses à certaines périodes quand les crises sont plus fréquentes).

Le stress peut déclencher une crise d’asthme
VRAI

Chez un(e) asthmatique, le stress peut favoriser la survenue d’une crise et inversement, une crise d’asthme est source de stress car anxiogène. Alors que faire pour rompre ce cercle vicieux ?

Bien identifier les situations stressantes pour mieux les canaliser. Penser à en parler. Ne pas s’isoler et trouver sa solution en prenant du temps pour soi :
– activités physiques régulières adaptées et plaisantes
– activités de détente (musique…)
– techniques de relaxation (respiration abdominale, méditation, yoga…)
– rejoindre ses proches et/ou répondre à leur appel
La bonne connaissance de la maladie avec la prise correcte du traitement au bon moment va rapidement améliorer la respiration et diminuer le stress.

FOCUS SUR LE CAS PARTICULIER DES ADOLESCENTS

A l’adolescence, le traitement est perçu comme contraignant
VRAI

L’adolescence est une période de transition critique. Leur asthme remontant à l’enfance, les jeunes commencent à rejeter leur maladie ce qui se traduit par un moins bon suivi des recommandations de leur médecin et un traitement insuffisamment pris.
Il est donc fondamental de les assister autant que possible en les incitant à consulter. Il existe des médicaments qui facilitent l‘adhésion au traitement lorsque le recours à un traitement de fond s’impose.

La prise de corticoïdes inhalés va ralentir la croissance
VRAI / FAUX

Un tout petit peu vrai : La prise régulière de très fortes doses inhalées peut au maximum ralentir la croissance de 1 à 2 cm, mais celle-ci reprend à l’arrêt du traitement. Cependant, un adolescent qui ne prend pas correctement son traitement de fond va faire des bronchites fréquentes appelées «exacerbations» pour lesquelles des corticoïdes oraux vont être donnés qui eux aussi vont ralentir la croissance, exposer aux complications générales et diminuer la qualité des défenses immunitaires (immunosuppression). Ce sont ces périodes d’exacerbations qui sont dangereuses (consultations aux urgences…).

L’effort physique est néfaste aux adolescents asthmatiques
FAUX

Au contraire, l’activité physique augmente les capacités respiratoires, l’endurance, les capacités musculaires et permet de diminuer l’essoufflement. La pratique sportive régulière améliore le contrôle de l’asthme, la forme physique et le niveau de tolérance à l’effort. C’est également une activité sociale participant au bien-être psychologique, aux échanges amicaux, au renforcement de la confiance et de l’estime de soi.

Là encore, c’est au professionnel de santé d’adapter le traitement pour que l’effort physique soit fait en toute tranquillité respiratoire avec prise du bronchodilatateur 15 à 30 minutes avant l’effort, voire association à un corticoïde inhalé ou à un traitement oral par du montélukast qui peut avoir un intérêt dans l’asthme d’effort.

Le traitement est vraiment contraignant
FAUX

Plus maintenant. En cas de nécessité d’un traitement de fond (crises plus de 2 fois par semaine, toux prolongée liée à l’asthme qui réveille la nuit, limitation à l’effort) l’adolescent(e) pourra disposer d’un traitement, adapté aux plus de 12 ans, qui combine en un seul inhalateur un bronchodilatateur longue durée d’action et un corticoïde, à utiliser en traitement de fond et en cas de crise, ce qui permet de simplifier en n’ayant qu’un seul dispositif.

Les adolescents asthmatiques doivent être dispensés de sport
FAUX

Aucune contre-indication sportive en cas d’asthme. Au contraire, la pratique régulière d’un sport est bénéfique. Elle doit s’accompagner d’une discussion avec le médecin pour s’assurer de la prise du meilleur traitement prescrit au bon moment et du suivi des recommandations, essentielle pour mener son sport en toute tranquillité.

Le meilleur sport est celui que l’adolescent préfère. Cependant, il faut avoir conscience que l’inhalation par la bouche de grands volumes d’air froid et sec peut favoriser le déclenchement de crises d’asthme. Un moyen simple peut être de porter un cache-col qui permet de réchauffer et humidifier l’air inspiré. La pratique de l’équitation peut être rendue difficile du fait des multiples poussières et allergènes présents dans les écuries.
La plongée sous-marine avec bouteille n’est pas recommandée, mais il faut en discuter attentivement avec le pneumologue. C’est au professionnel de santé de s’adapter, autant que possible, à l’adolescent et à sa maladie pour que celle-ci ne soit pas vécue comme un handicap.

Fumer du cannabis est moins toxique que le tabac car c’est un produit naturel
FAUX

Tous les produits de combustion inhalés sont des irritants des voies respiratoires. La cannabis peut avoir un léger effet bronchodilatateur au début de l’inhalation qui est rapidement contrebalancé par l’irritation induite par les produits de combustion qui vont déclencher la toux et possiblement la crise d’asthme.

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• Asthma : Stereotypes

and unique case of the adolescent
Written by Dr. Marie-Pascale Schuller
and Dr. Françoise Pariente Ichou
Asthma is a harmless disease
WRONG

Asthma is a deceptive disease, with multiple symptoms indicating its’ onset and continues to kill between 900 and 1000 persons per year in France, irrespective of age. Every 2 weeks, in our country, there will be a teenager that dies

The warning signs must never be ignored, especially if one or more of them are present:
- abnormal shortness of breath at rest or during exercise (difficulty breathing)
- whistling in the chest (especially on expiration)
- chest tightness
- persistent cough, cough after exertion has stopped, or cough when laughing

Asthma is under diagnosed
RIGHT/WRONG

Asthma is indeed under-diagnosed but can also be over-diagnosed. It is therefore necessary to know the onset signs that we have cited above. One of these signs, whether alone or in combination, should lead to consulting a doctor who may or may not diagnose asthma. Ideally a pulmonologist should confirm the diagnosis, research the causes, set up the treatment plan and ensure follow-up. Regardless of age, the problem of patients with consulting their doctor explains the under-diagnoses.

Sometimes asthma is wrongly diagnosed as in the case of hyperventilation syndrome. This can mimic an asthma attack and be treated as such, without the medication having any effect. It is revealed by very rapid breathing (hyperventilation) and is linked to other symptoms in the body (very fast heartbeat, malaise, "head spinning", tingling in the fingers and around the mouth ...). In everyday language, this is sometimes called spasmophilia, tetany crisis or anxiety attack. Most frequently, there is no associated cough. Hyperventilation syndrome is more common in asthmatics and girls. It can be triggered by sport, stress or sometimes for no clearly identified reason.

Asthma is a disease that is controlled with a Ventolin® spray (bronchodilator)
RIGHT/WRONG

Ventolin® is one of the treatments for an asthma attack. It is the most well-known, but there are many other inhalers containing bronchodilators. However, when attacks repeatedly occur more than twice a week, additional treatment with inhaled corticosteroids becomes necessary. This is the baseline treatment. The doses are tiny because they are administered directly to the suffering area. There are very few side effects, no weight gain, no need for a special diet. The goal of the pulmonologist is to seek the most minimal yet effective treatment. We are talking about "step-down" strategies (decreasing doses when everything is fine) and "step-up" (increasing doses at certain times when attacks are more frequent).

Stress can trigger an asthma attack
RIGHT

In an asthmatic person, stress can trigger an attack, and conversely, an asthma attack is a source of stress because it causes anxiety. So how to break out of this vicious circle?

Identify stressful situations to better channel them. Consider talking to someone about it. Do not isolate yourself and try to find answers by simply taking time for yourself:
- regular physical activities that are enjoyable and adapted for you
- relaxing activities (music ...)
- relaxation techniques (abdominal breathing, meditation, yoga ...)
- getting hold of those close to you and / or answering their calls
Understanding the disease combined with correct treatment at the right time will quickly improve breathing and reduce stress.

FOCUS ON THE UNIQUE CASE OF THE ADOLESCENT

As a teenager, the treatment is perceived as a bind
RIGHT

Adolescence is a period of critical transition. As asthma often begins during childhood, young people begin to reject their disease which results in poorer follow-up of their doctor’s recommendations and inadequately taken treatment. It is therefore essential to help as much as possible by encouraging them to consult a doctor. When a baseline treatment is necessary, there are medications that can help the teen to stick to the treatment plan.

Taking inhaled corticosteroids will slow growth
RIGHT/WRONG

Somewhat true: The regular intake of very large inhaled doses can slow down growth by 1 to 2 cm at the most, but this resolves at the end of treatment. However, a teenager who does not take his controller treatment will have frequent bouts of bronchitis called "exacerbations" for which oral corticosteroids will be given that will also slow down growth, expose the teen to general complications and decrease the quality of his immune system (immunosuppression). It is these exacerbation periods that are dangerous (emergency room visits ...).

Physical exertion is detrimental to asthmatic adolescents
WRONG

On the contrary, physical activity increases breathing capacity, endurance, muscle capacity and reduces shortness of breath. Regular exercise improves asthma control, physical fitness, and exercise tolerance. It is also a social activity that contributes to psychological well-being, to friendly exchanges, to the building of confidence and self-esteem.

Here again, it is up to the health professional to adapt the treatment so that physical exertion is possible with respiratory tranquility, taking the bronchodilator 15 to 30 minutes before exercise, or combined with an inhaled corticosteroid or an oral treatment of Montelukast that may be pertinent in the case of asthma linked to physical exercise.

The medical treatment is a real constraint
WRONG

Not anymore. If a controller treatment is necessary (using a rescure treatment > 2 times / week, a prolonged cough linked to asthma that wakes the sufferer up in the night, limited exertion) the teenager can take a treatment, suitable for 12 year olds and above , which combines a long-acting bronchodilator and a corticosteroid in a single inhaler, to be use as rescue treatment or controller treatment and in event of an attack, which simplifies things by only requiring one device.

Asthmatic adolescents should be exempt from sport
WRONG

Sport is not contraindicated because of asthma. On the contrary, regular practice of sport is beneficial. It must be in conjunction with the doctor’s advice to make sure that the best treatment is given at the right time and that recommendations are followed, which is essential for practicing one’s sport in peace.

The best sport is the one that the teenager prefers. However, one should be aware that breathing large volumes of cold, dry air through the mouth can trigger asthma attacks. A simple way to avoid this may be to wear a scarf that warms and humidifies the inspired air. The practice of equestrian riding may be difficult because of the many dust particles and allergens present in the stables.

Scuba diving with a tank is not recommended, but should be carefully discussed with the pulmonologist. It is up to the health professional to adapt to the adolescent and his illness as much as possible so that it is not experienced as a handicap.

Smoking cannabis is less toxic than tobacco because it is a natural product
WRONG

All inhaled by products of combustion irritate the respiratory tract. Cannabis may have a mild bronchodilator effect at the beginning of inhalation which is quickly counterbalanced by the irritation induced by the by-products of combustion that will trigger coughing and possibly an asthma attack.

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• Asthme de l’adolescent : les règles d'or

Traitement adapté et bien pris par un adolescent bien suivi = vie normale

Il faut tout de suite AGIR devant :

• un essoufflement anormal (difficulté à respirer)
• un sifflement (surtout à l’expiration)
• une oppression thoracique
• une toux (sèche et prolongée), une toux à l’arrêt de l’effort, une toux au rire.

Un seul de ces signes, consulter son médecin. Si diagnostic d’asthme posé, traitement de la crise par bronchodilatateur inhalé et recommandation de consulter un pneumologue qui va :
• confirmer le diagnostic et évaluer le degré de l’asthme
• rechercher les facteurs déclenchants pour mieux les identifier et les prévenir
• rechercher des allergies associées aggravantes
• instituer le traitement adapté
• assurer le suivi, très important dans cette tranche d’âge à risque, car l’adolescent est moins respectueux de son traitement et l’utilise insuffisamment.

Comment PREVENIR une CRISE d’ASTHME?

Par l’utilisation d’un traitement avant le facteur déclenchant identifié, par exemple avant d’aller au sport ou dans une soirée avec des amis fumeurs.

Comment PREVENIR des CRISES d’ASTHME TROP FRÉQUENTES ?

Par recours à un traitement de fond à base de corticoïdes inhalés (GINA* 2017) si :
• utilisation du traitement de la crise > à 2 fois/semaine
• survenue d’une toux nocturne qui réveille
• limitation de l’activité liée à l’asthme
• plus de 2 symptômes/semaine liés à l’asthme
Ne pas hésiter à en parler avec son médecin.

TRAITEMENT MAL INHALE = PAS DE TRAITEMENT

Bien apprendre à utiliser son ou ses inhalateurs

Gestes à répéter avec son médecin jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement intégrés :
• enlever l’embout, expirer à fond
• appuyer sur l’inhalateur en inspirant
• attendre 10 secondes puis respirer normalement

L'ASTHME et LE SPORT

Le sport est bénéfique à tout âge à la condition de suivre les recommandations de son pneumologue, particulièrement en cas d’effort intense prolongé, ou d’exposition au froid qui peut être un facteur aggravant. Ainsi l’adolescent pourra avoir de bonnes performances sportives, comme s’il n’était pas asthmatique.

BIEN CONNAITRE LES FACTEURS DE GRAVITE POTENTIELLE (GINA* 2017) qui font que l’adolescent est particulièrement à risque.

• utilisation de son inhalateur > 2 fois/semaine
• tabagisme actif ou passif
• persistance d’allergènes (animaux, tapis…)
• obésité, rhinosinusite, allergie alimentaire vraie
• problèmes psychosociaux ou économiques
• déjà un épisode d’hospitalisation pour crise grave

QUAND APPELER le SAMU ?

Composer le 15 (ou le 112 dans l’ensemble de l’Union Européenne) pour transfert aux urgences, en cas de crise aigüe ne guérissant pas malgré la prise du traitement d’urgence : 2 bouffées ou inhalations de bronchodilatateur à renouveler 3 fois, espacées de 5 à 10mn en position assise, respiration calme, lente et régulière. La difficulté de l’adolescent à parler sans s’interrompre est un signe associé qui doit alerter.

L’asthme est une maladie trompeuse, il faut “toujours en faire un peu plus qu’un peu moins“. Ne jamais négliger une crise d’asthme et voir au moins une fois un pneumologue pour établir le diagnostic et les recommandations de traitement. Un suivi annuel est recommandé.

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• Adolescent Asthma : Golden Rules

Treatment adapted and taken correctly by a well followed-up adolescent = Normal Life

You must act immediately in event of :

• Abnormal shortness of breath (difficulty breathing)
• A whistling sound (especially when exhaling)
• Chest tightness
• A cough (dry and prolonged), or a cough that persists after effort has stopped, or when laughing

Even if only one of these signs is present, consult your doctor. If asthma is diagnosed, the attack will be treated by taking inhaled bronchodilators and a referral to a pulmonologist who will :
• Confirm the diagnosis and assess the degree of asthma
• Search for triggering factors to better identify
and avoid them
• Search for associated aggravating allergies
• Institute the appropriate treatment
• Ensure follow-up, which is very important in this at-risk age group, as the teenager is less respectful of his treatment and takes it inadequately

How to prevent an asthma crisis?

By taking treatment before coming into contact with the known trigger factor, for example before going to play sport or to a party where friends will be smoking.

How to prevent asthma attacks occurring too frequently?

By using a controller treatment of inhaled corticosteroids (GINA* 2017) if :
• Using a rescure treatment > 2 times / week
• Waking up because of nocturnal symptoms (cough especially)
• Limiting asthma related activity
• More than 2 asthma related daytime symptoms / week

Do not hesitate to talk to your doctor.

Poorly Inhaled Treatment = No Treatment

Learning how to correctly use inhalers

The technique needs to be repeated with your doctor until it is completely ingrained :
• Remove the cap, exhale thoroughly
• Press inhaler whilst inhaling
• Wait 10 seconds then breathe normally

Sport

Sport is beneficial at any age, provided you follow your pneumonologist’s recommendations, especially in the case of prolonged intense effort, or exposure to cold which can be an aggravating factor. In so doing, the teenager can expect to perform well at sport, as though he were not asthmatic.

Recognise the potentially fatal factors (GINA* 2017) that put the teenager particularly at risk.

• Use of his inhaler> 2 times / week
• Active or passive smoking
• Persistent allergens (animals, carpets ...)
• Obesity, rhinosinusitis, true food allergy
• Psychosocial or economic problems
• Previous hospitalization for a serious asthma attack

When to call the SAMU ?

Dial 15 (or 112 throughout the entire european union) in order to be transferred to an emergency department, in event of non-recovery from an acute attack despite taking the following emergency treatment : 2 puffs or inhalations of bronchodilators, repeated 3 times at 5 to 10 minutes intervals, whilst in a seated position, taking calm, slow and steady breaths.

The teen's persistent difficulty speaking should raise the alarm.

Asthma is a deceptive disease, you must "always do a little more than a little less". Never neglect an asthma attack and see a pulmonologist at least once to establish a diagnosis and treatment recommendations. an annual follow-up is recommended.


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